N’attends pas…
n’attends pas trop longtemps,
le temps ne s’arrête jamais,
il glisse entre nos mains
comme une eau qu’on ne retient pas,
effaçant nos traces
sans même nous demander la permission.
On croit toujours
qu’il reste encore des jours,
des nuits,
des occasions de dire,
d’aimer,
de réparer
mais les secondes s’en vont déjà,
et ne reviennent jamais.
N’attends pas
que mes cheveux portent le poids des années,
pour chercher dans mes yeux
ce que je n’ai jamais su dire.
N’attends pas
que mes mains tremblent
pour venir y poser les tiennes,
car l’amour n’attend pas la fin
pour exister.
On remet tout à demain
comme si demain était une promesse,
comme si le cœur
pouvait apprendre plus tard
à dire maintenant.
Mais les regrets…
eux,
savent toujours retrouver leur chemin.
Ils s’invitent dans les silences
et murmurent doucement :
« tu aurais dû… avant ».
Alors aime-moi
pendant qu’il est encore temps,
pendant que nos cœurs battent
sans retenue,
avant que l’absence
ne devienne plus forte que nous.
N’attends pas
que je devienne un souvenir,
une voix lointaine,
un instant perdu
dans ce qu’on n’a pas vécu.
Viens maintenant,
prends ma main,
avant que tout s’efface,
avant que tout s’échappe,
avant qu’il soit trop tard.
Et si un jour
il ne reste plus que le silence…
souviens-toi simplement
que je t’aurais aimé
avant.
Jean François